
Ils sont des millions en France : conjoints, enfants,voisins, amis… Ils accompagnent au quotidien un proche en perte d’autonomie,souvent sans formation, sans répit, et avec peu de reconnaissance. Ce sont les aidants.
À travers deux scènes intimes et poignantes, cette séquence donne à voir l’épuisement progressif de celles et ceux qui prennent soin : Jeanne, qui soutient son mari atteint de troubles cognitifs, et Jean-Charles, submergé par la charge mentale de l’aide à sa mère.
Entre culpabilité, isolement, résistance à l’aide et besoin de reconnaissance, ces témoignages théâtraux rappellent l’urgence de mieux accompagner celles et ceux qui soutiennent.
Texte 1 : C'est quand Noël ?
Jeanne, aidante de son mari Marcel atteint de troubles cognitifs, tente de l’accompagner dans son quotidien avec patience, malgré sa désorientation grandissante. Confrontée à des questions répétitives, à la confusion temporelle et à la suspicion, elle garde le cap, mais son épuisement est palpable. Lors d’un échange téléphonique avec leur fille, l’incompréhension entre générations éclate. La scène met en lumière la solitude, la fatigue émotionnelle et le manque de reconnaissance des aidants familiaux, pris entre le souci de bien faire et l’usure progressive d’un accompagnement quotidien.
Texte 2 : Mais pour vous...
Jean-Charles s’occupe seul de sa mère âgée et dépendante,dans un quotidien rythmé par les soins, la fatigue et une exigence de perfection qu’il s’impose. Lorsque l’assistante sociale se présente à domicile, il la rejette d’abord, épuisé, sur la défensive, refusant toute aide extérieure. Peu à peu, à travers leur échange, la pression qu’il subit éclate : colère, culpabilité, isolement, surmenage. La scène met en lumière la détresse silencieuse des aidants familiaux, leur refus souvent tenace de se faire aider, et la nécessité de reconnaître leur besoin de répit et de soutien.