Nos interventions en milieu professionnel

Le dialogue en entreprise étant primordial, le théâtre forum trouve sa place comme un outil puissant pour aborder des sujets parfois délicats.

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Relations employés / employeurs

À travers trois situations du quotidien professionnel, cette séquence de théâtre forum explore les tensions qui traversent les relations entre salariés et employeurs.

Scène 1 : J'ai raison, non ?

Dans un restaurant, Séverine, serveuse et mère de famille, demande à sa patronne la régularisation des nombreuses heures supplémentaires qu’elle effectue quotidiennement pour nettoyer la salle après le service. Face au refus catégorique de son employeuse, qui considère cela comme un simple « service », Séverine tente de faire valoir ses droits avec l’aide du délégué du personnel. Mais celui-ci, malgré son soutien, hésite à intervenir de peur des conséquences dans une entreprise marquée par un fort turn-over et des rapports de pouvoir déséquilibrés. La scène interroge les abus liés aux heures supplémentaires non rémunérées, la précarité des salariés et les difficultés à faire respecter ses droits dans certaines relations de travail.

Scène 2 : C'est ma responsabilité !

Elena, jeune salariée d’une entreprise de paysagisme, travaille sans équipements de protection malgré les risques liés aux produits qu’elle manipule. Face aux rappels insistants de son employeur, elle minimise les dangers et invoque son inconfort matériel pour refuser de porter ses EPI. Entre pression de la cliente, contraintes de terrain et responsabilités légales, le dialogue révèle les tensions entre sécurité au travail, conditions réelles d’exercice et obligations de l’employeur. La scène met en lumière les enjeux de prévention des risques professionnels et la difficulté de concilier sécurité, productivité et réalité du terrain.

Scène 3 : Sans formation, je ne peux pas…

Nicolas, comptable expérimenté, apprend que son employeur envisage de le licencier pour insuffisance professionnelle, alors qu’il réclame depuis plusieurs années une formation adaptée à l’évolution de son poste. Lors d’une discussion avec deux amis aux opinions opposées, le débat s’engage autour des responsabilités de l’entreprise, de l’accès à la formation professionnelle et du rôle des syndicats. Entre résignation, engagement syndical et recherche de dialogue, la scène questionne les rapports entre employeurs et salariés face aux mutations du travail et à la défense des droits professionnels.

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Aide aux aidants

Ils sont des millions en France : conjoints, enfants,voisins, amis… Ils accompagnent au quotidien un proche en perte d’autonomie,souvent sans formation, sans répit, et avec peu de reconnaissance. Ce sont les aidants.

À travers deux scènes intimes et poignantes, cette séquence donne à voir l’épuisement progressif de celles et ceux qui prennent soin : Jeanne, qui soutient son mari atteint de troubles cognitifs, et Jean-Charles, submergé par la charge mentale de l’aide à sa mère.

Entre culpabilité, isolement, résistance à l’aide et besoin de reconnaissance, ces témoignages théâtraux rappellent l’urgence de mieux accompagner celles et ceux qui soutiennent.

Texte 1 : C'est quand Noël ?

Jeanne, aidante de son mari Marcel atteint de troubles cognitifs, tente de l’accompagner dans son quotidien avec patience, malgré sa désorientation grandissante. Confrontée à des questions répétitives, à la confusion temporelle et à la suspicion, elle garde le cap, mais son épuisement est palpable. Lors d’un échange téléphonique avec leur fille, l’incompréhension entre générations éclate. La scène met en lumière la solitude, la fatigue émotionnelle et le manque de reconnaissance des aidants familiaux, pris entre le souci de bien faire et l’usure progressive d’un accompagnement quotidien.

Texte 2 : Mais pour vous...

Jean-Charles s’occupe seul de sa mère âgée et dépendante,dans un quotidien rythmé par les soins, la fatigue et une exigence de perfection qu’il s’impose. Lorsque l’assistante sociale se présente à domicile, il la rejette d’abord, épuisé, sur la défensive, refusant toute aide extérieure. Peu à peu, à travers leur échange, la pression qu’il subit éclate : colère, culpabilité, isolement, surmenage. La scène met en lumière la détresse silencieuse des aidants familiaux, leur refus souvent tenace de se faire aider, et la nécessité de reconnaître leur besoin de répit et de soutien.

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Emploi et handicap

À travers trois scènes ancrées dans le quotidien, cette séquence interroge les conditions d’accès à l’emploi pour les personnes en situation de handicap.

Qu’il s’agisse d’une intégration mal préparée, d’un désir d’autonomie freiné par l’entourage, ou du découragement lié à un handicap invisible, chaque situation met en lumière des obstacles souvent invisibles mais bien réels : manque d’accessibilité, stigmatisation, surprotection, culpabilité…

Ces scènes soulignent l’importance d’un accompagnement adapté, du respect des droits, et surtout d’un changement de regard sur les capacités et les aspirations des personnes handicapées. Parce que l’inclusion ne peut se faire sans écoute, sans dialogue, et sans action concrète.

Texte 1 : C'est un peu compliqué

Dans une petite entreprise, Sofia, une nouvelle employée en situation de handicap moteur, fait sa rentrée dans des conditions loin d’être adaptées. Entre maladresse du directeur et manque d’aménagements matériels ou humains, son intégration se révèle difficile. Sa collègue Sandrine, pressée par ses propres échéances, se montre peu disponible et peu compréhensive. La scène met en lumière les obstacles concrets auxquels sont confrontées les personnes en situation de handicap dans le monde du travail : accessibilité, organisation, posture des collègues, et manque de formation à l’inclusion.

Texte 2 : Je m'ennuie

Samantha, jeune femme en situation de handicap travaillant en ESAT, exprime à sa mère et à son compagnon son envie d’évoluer vers un emploi en milieu ordinaire, après un stage concluant. Elle se heurte à la réticence de sa mère, inquiète des difficultés administratives, financières et sociales, ainsi qu’à la peur de son compagnon de perdre leur proximité. Malgré ses progrès et sa motivation, Samantha voit ses aspirations freinées par un entourage bienveillant mais surprotecteur. La scène interroge les limites du système d’accompagnement, le droit à l’autonomie, et les freins familiaux à l’émancipation des personnes handicapées.

Texte 3 : J'ai pas la force

Alexandre, reconnu travailleur handicapé après un burn-out, peine à se projeter dans une reprise d’activité. Soutenu tant bien que mal par sa compagne Malika, il fait face à l’incompréhension de sa sœur Sabine, qui minimise son handicap psychique et rejette toute responsabilité. Confronté à la culpabilité, à la solitude et à l’absence de perspectives concrètes, Alexandre s’enfonce dans un isolement profond. La scène met en lumière les obstacles spécifiques liés aux handicaps invisibles, notamment en matière de reconnaissance, de réinsertion professionnelle et de regard social.

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Assistantes maternelles

Accueillir, nourrir, consoler, éveiller, apaiser… Chaque jour, des milliers d’assistantes maternelles prennent soin des tout-petits au sein de leur domicile. Pourtant, derrière ce métier essentiel se cachent souvent solitude, surcharge et manque de reconnaissance.

À travers trois scènes situées à différents moments d’une même journée, cette séquence met en lumière les réalités vécues par Sophie, assistante maternelle investie mais dépassée. Entre attentes contradictoires des parents, horaires élargis, difficultés de paiement, enfants malades et charge mentale, elle tente de faire au mieux, jusqu’à ce que la fatigue prenne le dessus.

Ces scènes donnent à voir un métier à la fois indispensable et trop souvent invisibilisé, et interrogent nos rapports à la parentalité et au respect des professionnel·le·s de la petite enfance.

Texte 1 : Le matin

Dans sa cuisine, Sophie, assistante maternelle, commence sa journée avec l’arrivée pressée des parents. Entre retards, exigences professionnelles, demandes de dernière minute et oublis fréquents, elle jongle avec les impératifs des familles tout en accueillant les enfants. L’un des parents remet en question ses droits aux congés tandis qu’un autre modifie le planning sans préavis, comptant sur sa disponibilité totale, même les jours fériés. La scène met en lumière la charge mentale et les conditions de travail souvent invisibles des assistantes maternelles, prises entre leur engagement professionnel et le manque de reconnaissance.

Texte 2 : Le midi

À l’heure du déjeuner, Sophie, assistante maternelle, gère seule plusieurs enfants en bas âge aux besoins contradictoires. Charlie, fiévreux, doit être gardé alors qu’il aurait dû être récupéré par son père, qui ne peut pas venir. Lola, de son côté, refuse de manger et perturbe le repas avec des propos vulgaires entendus à la maison. Entre fatigue, urgences médicales, exigences alimentaires et conflits entre enfants, Sophie tente de maintenir un cadre bienveillant. La scène met en lumière la complexité du métier d’assistante maternelle, souvent sous-estimé malgré la multiplicité des tâches éducatives, affectives et logistiques à gérer.

Texte 3 : Le soir

En fin de journée, alors que les parents viennent récupérer leurs enfants, la tension monte chez Sophie, assistante maternelle épuisée par des abus répétés. Retards de paiement, absence de reconnaissance, surcharge mentale, désorganisation des familles et décisions prises sans concertation s’accumulent. Face au manque de respect de ses droits et à la pression constante, Sophie explose. La scène révèle l’isolement, la précarité et l’absence de statut clair dont souffrent de nombreuses assistantes maternelles, malgré leur rôle central dans l’accueil et l’éveil des jeunes enfants.

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Périscolaire

Dans les communes, l’éducation des enfants ne relève pas uniquement de l’école : elle implique aussi les familles, les animateurs, les collectivités et d'autres acteurs du territoire. À travers trois scènes situées aux frontières du temps scolaire et du périscolaire, cette séquence met en lumière les tensions, les incompréhensions et les enjeux de reconnaissance mutuelle entre ces différents mondes.

Entre un animateur mis à l’écart des informations essentielles sur un enfant en situation de handicap, une enseignante qui méprise les missions de l’animation, ou encore un directeur d’école qui rejette l’usage partagé des locaux, ces récits donnent à voir une coopération fragilisée par les cloisonnements institutionnels.

Ces scènes posent une question simple mais essentielle : comment construire une véritable continuité éducative quand les rôles, les statuts et les missions ne se parlent pas ?

Scène 1 : Un animateur périscolaire, Alexis, se heurte à l’incompréhension d’une mère concernant les troubles du comportement de son fils. Le diagnostic d’autisme (TSA) n’a pas été communiqué clairement à l’équipe d’animation, provoquant tensions, jugements hâtifs et sentiment d’isolement parental.

Scène 2 : En milieu scolaire, Alexis tente de faire valoir une approche bienveillante face à une enseignante autoritaire, mais se heurte au mépris de sa fonction. Le conflit entre temps scolaire et temps périscolaire révèle une hiérarchie implicite entre les professionnels, au détriment d’une collaboration constructive.

Scène 3 : Le directeur d’école refuse l’usage des locaux à une responsable de l’animation municipale, l’accusant de négligence et contestant la légitimité éducative des activités extrascolaires. L’échange met au jour les tensions de cohabitation entre services municipaux et Éducation nationale.

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